Gaza, source d’une rivière de sang

Publié le par JasmiN

Gaza, source d’une rivière de sang


Mohammed Fares Al Majdalawi


Je veux écrire quelques mots sur la souffrance que les gazaouis et ma famille endurent en ces jours de siège à Gaza.
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Deuil des familles de victimes Israéliennes à la morgue de l’hôpital Al-Shifa, Ville de Gaza, 11/01/2009 - Photo : Wissam Nassar/MaanImages

Au moins 888 personnes ont été tuées et plus de 3.700 blessées. Le comité international de la Croix Rouge a plusieurs fois accusé l’armée israélienne de d’empêcher l’accès des ambulances dans le quartier d’Al Zeitoun (Ville de Gaza). Le résultat ? Ceux qui étaient blessés sont morts, une violation préméditée donc volontaire des droits de l’Homme.

Chez moi, il n’est pas possible de se procurer les aliments de base. Pas de nourriture. Pas de pain. Pas d’essence. Pas d’avenir... Hier mon père est allé à cinq heures du matin à la boulangerie. Il a attendu cinq heures pour avoir un pain, ce qui est insuffisant pour notre famille de 11 personnes. Donc, aujourd’hui, c’était à moi d’y retourner. J’ai fait toutes les boulangeries - elles étaient toutes fermées.

Il n’y a pas d’endroit sûr. On ne peut communiquer avec nos parents ou amis- - les réseaux sont hors service, tout comme les pluies de missiles ont détruit nos maisons, nos mosquées et même nos hôpitaux.

Notre vie est basée sur les enterrements de ceux qui sont morts, nos martyrs. La nuit, notre camps de réfugiés, Jabaliya, est une ville fantôme, avec comme seul bruit, le son de l’aviation israélienne.

Chaque minute est une horreur et tout particulièrement en ce qui concerne la vie des enfants. Par exemple, cinq sœurs de la même famille sont mortes dans leur maison, tuées par les forces israéliennes d’occupation. Mais il y a 800,000 autres enfants à Gaza, tous apeurés, tous attendant quelqu’un ou quelque chose pour les secourir.

Ils sont enfermés dans une prison qui est s’est transformée en camp de concentration : chaque jour on dort et on se réveille sur les crimes perpétrés par les Israéliens sur des enfants et des femmes, détruisant des maisons de civils. Mes mots ne suffisent pas pour décrire ce que je ressens de cette vie à Gaza.

J’ai deux messages à envoyer au monde, à ceux qui réclament l’Amour et cherchent la Liberté.

Imaginez votre vie, faite de maisons détruites, de pas d’électricité, du son et de la frappe des missiles, nuit et jour, et dont la faim de nourriture est aussi grande que la faim pour que cesse cette occupation et ce siège. Imaginez qu’il s’agisse également de vos enfants et votre famille qui vous disent par leur regard et leurs cris : « On a peur des missiles. » « On ne peut pas dormir. » « On ne dormira plus jamais. »

Imaginez que vous êtes un barrage et que la rivière de sang s’est transformée en un éclair en inondation. Combien de temps supporterez vous cela ?

Nous n’aurons pas à l’endurer très longtemps si le Monde fait front avec nous. Si Il demande la fin du siège, des massacres et de la démolition des maisons de nos enfants. Si Il demande à ce que l’assistance parvienne à ceux qui l’attendent.

Finalement, je vous invite à venir à Gaza pour voir l’holocauste. Malgré le siège, les barrières, le meurtre de mon peuple et la destruction de nos maisons et la destruction totale de nos vies par les israéliens, ils ne pourront ni arriveront à éliminer la volonté de notre peuple pour l’égalité et la justice.

Mise à jour : après avoir récolté son témoignage, the Middle East Children’s Alliance a reçu un message de Mohammed disant que toutes les maisons de son quartier avaient été détruites : il habite maintenant dans une école administrée par les Nations Unies à Jabaliya, où 43 personnes ont été tuées dans l’attaque israélienne du 6 janvier. Il ne peut joindre son frère et ne sait pas s’il est en vie.

* Mohammed Fares Al Majdawali est un étudiant, membre de la Assria Children’s Library, volontaire à la Middle East Children’s Alliance, qui envoie de l’aide médicale aux Gazaouis assiégés (www.mecaforpeace.org) . Il vit au camp de réfugiés de Jabaliya avec sa famille et aimerait devenir producteur de films.

11 janvier 2009 - The Electronic Intifada _Traduction de l’anglais : V.E

Publié dans Gaza News Info

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