Prendre le risque d'avoir la gorge tranchée par un éclat

Publié le par JasmiN

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«Prendre le risque d'avoir la gorge tranchée par un éclat»


Un Palestinien porte une fillette blessée à Gaza le 6 janvier 2009

Un Palestinien porte une fillette blessée à Gaza le 6 janvier 2009/Yasser Saymeh AFP/Archives

TEMOIGNAGE - Alors que la ville est presque coupée du monde, notre correspondant a réussi à contacter un habitant de Gaza. Il détaille le quotidien d'une ville fantôme...

Sami Abdel Shafi ne passe plus que des nuits blanches. Autour de sa maison, dans le centre-ville de Gaza, tous les bâtiments officiels ont été bombardés, certains à plusieurs reprises. Un poste de police, des ministères et la résidence des hôtes de la présidence, des cibles identifiées par l’armée israélienne comme faisant partie de l’infrastructure du mouvement islamiste Hamas, maître du territoire.


«Le sifflement d’une bombe qui tombe est reconnaissable entre mille. Tout se fige. L’explosion qui suit vous secoue le corps tout entier, comme si vous veniez d’être frappé par un fantôme, témoigne cet homme d’affaire de Gaza, joint par téléphone. Je passe mes nuits sur un fauteuil du salon, constamment sur le qui-vive, incapable de m’endormir plus de quelques minutes, avec les fenêtres ouvertes pour ne pas qu’elles soient brisées par le souffle».

«Aucun endroit n’est sûr»


Comme la plupart des habitants de Gaza, Sami Abdel Shafi ne sort qu’en cas d’absolu nécessité depuis le début de l'opération «Plomb durci», le 27 décembre dernier. «Si vous êtes à court de nourriture, il faut prendre le risque d’avoir la gorge tranchée par un éclat de shrapnel comme c’est arrivé à tant de gens ces derniers jours. Aucun endroit n’est sûr».

Dans les rares épiceries encore ouvertes, on ne trouve plus que des boîtes de conserves ou du riz. La viande et les légumes ont disparu des rayons. De longues files d’attentes se forment devant les boulangeries ouvertes quelques heures par jour. La situation humanitaire est sans précédent dans le territoire côtier. Un million de personnes vivent sans électricité à Gaza, 750.000 sont sans eau et les hôpitaux fonctionnent grâce à des générateurs de secours qui risquent de s'arrêter en cas de manque d'essence, selon les Nations Unies.

«Quelle version des événements reçoivent les Israéliens de ce qui se passe ici? s’interroge Sami Abdel Shafi. Je suis certains que s’ils savaient la vérité, les gens en Israël seraient furieux» assure t-il, alors que le bourdonnement des drones survolant sans relâche le territoire se fait entendre à l’autre bout de la ligne. Dans la journée, un tract de l’armée israélienne est tombé prés de sa maison, prévenant les habitants de Gaza qu’Israël va lancer une nouvelle phase et étendre ses opérations militaires.
De notre correspondant à Jérusalem, Paul Akim
BILAN

Selon le dernier bilan fourni samedi par les services médicaux palestiniens, l'offensive israélienne a coûté la vie à 821 Palestiniens, dont 235 enfants et 93 femmes et fait plus de 3.350 blessés. Côté israélien, dix soldats ont perdu la vie et trois civils ont été tués par des roquettes palestiniennes.

Publié dans Gaza News Info

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